jeudi 22 mars 2012

Réaction à la chronique "Pauvre Flandre" de Patrick Besson (Le Point - 22 mars 2012).

Voici tout d'abord le texte auquel je tiens à réagir par les quelques lignes ci-dessous:
http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/patrick-besson/pauvre-flandre-22-03-2012-1443965_490.php#liste_commentaires

Même si tout n'est pas faux dans cet édito de Patrick Besson, c'est toujours un peu la même chose quand les intellectuels parisiens se penchent sur la cas de la Belgique et plaident ouvertement pour le séparatisme en croyant faire "tendance" ou aller à contre-courant: simplisme, condescendance et méconnaissance de la situation. Un peu comme quand Eric Zemmour comparait la Wallonie à l'Allemagne de l'Est de la France, qu'il fallait rattacher au plus vite...

C'est vrai que notre pays n'est pas éternel et que si la notion de "Belgique" disparaissait, ce ne serait pas un drame en soi. Ce qui est occulté dans ce raisonnement, c'est que derrière ce "mythe", il y a des concepts fondamentaux de solidarité, de richesse multiculturelle et d'idéal européen. Il y a aussi des citoyens, et petit détail, ceux-ci ne souhaitent pas se séparer, malgré leurs différences et leur désir d'autonomie. Alors, Monsieur Besson, je me permets un petit conseil: la prochaine fois que vous souhaitez prendre notre petit royaume comme sujet de votre chronique, écrivez un texte avec l'accent belge et quelques contrepétries, votre domaine de prédilection. Vous éviterez ainsi de tirer des conclusions hâtives sur le devenir d'un pays dans lequel vous venez juste de passer quelques heures à l'occasion d'un deuil national!



vendredi 9 mars 2012

BPlus dénonce le « piège à cons » du confédéralisme proposé par la N-VA.

Suite à son congrès de lancement en vue des élections communales d’octobre 2012, le parti indépendantiste flamand de la N-VA a réaffirmé sa volonté d’appliquer le confédéralisme en Belgique au lendemain des élections fédérales de juin 2014. BPlus tient à s’opposer de toutes ses forces à ce concept opportunément flou de confédéralisme qui n’a qu’un seul objectif : séparer le pays au plus vite.

Le confédéralisme est donc un séparatisme qui ne dit pas son nom et qui aura des conséquences néfastes pour l’ensemble des Flamands, Wallons et des Bruxellois :

• Fin de la démocratie directe. Le confédéralisme consistant en la réunion de plusieurs Etats souverains, les membres du parlement ou de l’assemblée confédérale ne seront plus élus directement par la population mais nommés par les parlements des Etats membres de la confédération.

• Fin de la solidarité. Il n’existe pas de lien de solidarité au niveau des confédérations. La sécurité sociale ne s’exercera donc qu’entre les habitants d’une même Région, avec toutes les pertes de bien-être que cela occasionnera.

• Fin de la stabilité. Depuis la nuit des temps, aucun modèle confédéral n’a tenu plus que quelques années. Soit il évoluait vers une séparation pure et simple (comme la Serbie et le Monténégro en 2006) ou vers un modèle fédéral plus intégré (comme l’Allemagne ou les Etats-Unis).


Nous demandons donc à la N-VA d’assumer pleinement son programme séparatiste et d’arrêter de tromper les citoyens à des fins électoralistes.

BPlus klaagt de "valstrik" van het confederalisme aan dat door de N-VA wordt voorgesteld.

In de aanloop naar de gemeenteraadsverkiezingen van oktober 2012, heeft de N-VA, de partij die streeft naar Vlaamse onafhankelijkheid, tijdens haar verkiezingscongres duidelijk haar intentie herbevestigd om het confederaal model in België in te voeren na de federale verkiezingen in juni 2014. BPlus verzet zich met klem tegen dit klaarblijkelijk van pas komend confederaal concept dat uiteindelijk slechts één enkel doel heeft: het land zo vlug mogelijk op te splitsen.

Het Confederalisme is niets anders dan een verdoken separatisme dat heel wat negatieve gevolgen met zich zal meebrengen voor zowel de Vlamingen, de Walen als de Brusselaars.

• Het confederalisme betekent het einde van de directe democratie: Door het feite dat het confederaal systeem een verzameling van verschillende soevereine staten inhoudt, zullen de parlementsleden of de leden van de confederale Algemene Vergadering niet meer rechtstreeks door de bevolking verkozen worden. Zij zullen daarentegen door de Parlementen van de lidstaten van de confederatie aangeduid worden.

• Het confederalisme betekent het einde van de solidariteit: In een confederatie bestaat er geen enkele binding tussen de lidstaten voor wat de solidariteit betreft. De sociale zekerheid zal dus enkel spelen voor de bewoners van eenzelfde Regio, met een verlies van welvaart tot gevolg.

• Het confederalisme betekent het einde van de stabiliteit: Sinds mensenheugenis heeft geen enkel confederaal model het langer dan enkele jaren kunnen uithouden. Ofwel evolueerde het model naar een klare en duidelijke splitsing (zoals Servië en Montenegro in 2006), ofwel evolueerde het model naar een meer geïntegreerd federaal model (zoals Duitsland of de Verenigde Staten).

 
Wij vragen dus aan de N-VA om openlijk voor haar separatistisch programma op te komen en te stoppen met het misleiden van de burger om puur electorale redenen.

vendredi 13 janvier 2012

2012 : printemps démocratique belge ?

L’année qui s’ouvre promet d’être extrêmement riche en débats politiques et en combats électoraux. En effet, deux pays sur lesquels nos regards médiatiques sont régulièrement posés éliront cette année leur nouveau président et leur nouvelle assemblée législative (dans son entièreté ou en partie): nos voisins français en mai et juin prochains et nos amis américains en novembre. Entre ces deux grands moments d’actualité internationale, les élections communales belges se tiendront en octobre avec, à la clé, des résultats qui ont auront certainement une influence sur la politique fédérale. Parallèlement à ces processus classiques, les transitions démocratiques issues des révolutions du printemps arabe devraient continuer à se mettre en place, à des degrés divers en fonction des pays, et donner lieu à des joutes politiques intéressantes entre partis laïques, islamistes modérés ou plus conservateurs. Bref, en un mot comme en cent, les douze mois à venir seront marqués par les affrontements idéologiques et les propositions en tout genre visant à sortir des crises économique, sociale et financière dans lesquelles nous sommes empêtrés. Il suffit de revenir un instant sur les exemples français et américain pour se rendre compte à quel point les divergences de vue et de personnalités sont profondes. Que ce soit entre Nicolas Sarkozy et François Hollande ou entre Barack Obama et son opposant républicain (qui sera désigné par les primaires en cours), les points de vue sont tranchés, les attaques virulentes et le débat sociétal plus vif que jamais.

 
En Belgique, un tel moment démocratique n’existe malheureusement pas. Parce que nous n’avons pas d’élections présidentielles, me direz-vous ? Je ne le pense pas car les élections générales espagnoles ou allemandes, par exemple, qui consacrent un Premier Ministre et une coalition gouvernementale, se révèlent tout aussi passionnantes. A cause de notre système proportionnel alors, qui oblige plusieurs partis, parfois opposés idéologiquement, à s’unir pour former un gouvernement ? En partie, sans doute, mais ce n’est pas l’explication principale. A vrai dire, nous avons bien un chef de gouvernement, Elio Di Rupo, et un opposant principal de poids, Bart De Wever, qui ont de surcroit des bases idéologiques franchement opposées. Mais, le problème majeur réside dans le fait qu’ils ne sont pas concurrents électoraux. Voici donc une nouvelle particularité belge unique au monde : l’électeur n’a pas la possibilité de départager, par son vote, les deux principaux rivaux politiques du pays! C’est d’autant plus regrettable que depuis qu’Elio Di Rupo est devenu Premier Ministre, il met en place une véritable offensive de charme envers le Nord du pays. Médiatiquement, le duel entre les deux hommes a donc bel et bien débuté et risque de s’avérer passionnant, Bart De Wever étant invité depuis longtemps par la presse francophone. D’un point de vue électoral, il est inexistant.

Plusieurs solutions existent ou peuvent être imaginées afin de réparer ce vice de forme de notre démocratie. Tout d’abord, on pourrait créer un nouvel arrondissement électoral allant d’Arlon à Ostende et incorporant toutes les listes électorales du pays. Ce projet de circonscription nationale est depuis longtemps dans les cartons mais se heurte à deux obstacles majeurs : il implique une révision de plusieurs articles de la Constitution et il est bloqué par un veto du CD&V. La première difficulté rend le vote sur la mesure impossible avant la prochaine législature, et la seconde explique que cette proposition ait été mise au frigo durant les dernières négociations institutionnelles. On voit donc mal comment cette idée pourrait revenir sur la table du gouvernement avant des années, pour ne pas dire des décennies.

Si regrouper toutes les listes au sein d’une même circonscription semble actuellement compromis, une autre option serait de pousser les partis les plus importants à se présenter dans toutes les circonscriptions du pays. Concrètement, le législateur pourrait décider que toutes les formations politiques réunissant plus de 10% des suffrages sur l’ensemble d’une Région soient obligées de se présenter dans les deux autres, sans devoir passer par les formalités administratives d’usage (récolte et validation de 500 signatures par circonscription). Pour les partis ayant un homologue de l’autre côté de la frontière linguistique (les socialistes, libéraux, socio-chrétiens et écologistes), la mesure ne changerait pas grand-chose mais inciterait les binômes PS/SP-A, MR/VLD, CDH/CD&V et Ecolo/Groen à présenter un programme fédéral commun en vue des scrutins nationaux. Concernant la N-VA, cette formule exigerait qu’elle présente des candidats dans toutes les provinces wallonnes ou qu’elle trouve un parti « frère » en Wallonie. Bart De Wever pourrait alors enfin venir défendre son programme dans le Sud du pays et rentrer véritablement dans l’arène politique francophone. Il ne pourrait plus tenir des propos vexatoires ou discriminant sur les Wallons car il devrait les séduire, en tant qu’électeurs potentiels. Elio Di Rupo, devrait, pour sa part, clairement s’identifier au programme socialiste fédéral et serait jugé en Flandre en fonction des résultats du SP-A. Le socialiste wallon et le nationaliste flamand tiendront, en outre, enfin, le même discours à la RTBF et à la VRT, où ils s’affronteront librement et, surtout, ils ambitionneront de convaincre des électeurs de leur adversaire direct.
Une telle révolution démocratique serait saine et salutaire pour l’ensemble de notre dynamique électorale et pour le débat d’idée en Belgique. Elle requiert également une mise en place urgente. En effet, pour la première fois depuis plus de 30 ans, nous avons un Premier Ministre francophone qui se doit d’aller défendre son action face aux médias et aux citoyens flamands. Il est donc tout à fait anormal qu’il ne puisse en récolter les fruits électoraux. Ensuite, la grave crise économique et financière que nous subissons actuellement nous impose d’avoir une vision fédérale commune afin de répondre aux épreuves considérables de ce début de 21e siècle. Se rejeter continuellement la faute entre Flamands et Francophones est un aveu de faiblesse politique qui n’est plus tenable ni acceptable. Puisse dès lors l’ensemble des partis démocratiques, en 2012, apporter à nos concitoyens cette réforme pour le prochain scrutin fédéral afin de taper du pied dans notre fourmilière institutionnelle, de revigorer notre débat public et d’arrêter la communautarisation des esprits, néfaste pour tous.

lundi 12 décembre 2011

Photos Prix du courge politique 2011.

Voici Ludwig Vandenhove (Président du CA de BPlus) remettant le Prix du courage politique 2011 à Bart Peeters, qui était très en forme ce jour-là! Philippe Gilbert n'avait malheureusement pas pu être présent car il s'entraînait dans le Sud de la France.



Et voici la photo de famille avec Els Ampe (lauréate 2010), Anne Morelli (administratrice de BPlus) et Willy Peerens (secrétaire général de BPlus). Bart Peeters se la jouant un peu James Bond, mais bon...



mardi 6 décembre 2011

Texte d'introduction au Prix du courage politique 2011.

Voici le petit texte avec lequel j'aurai le plaisir d'introduire la remise du Prix du courage politique 2011. Une idée des lauréats? :) Sinon, réponse demain après-midi...

Goeiemiddag allemaal en welkom,


Bonjour à tous et bienvenue,

Pour la sixième année consécutive, BPlus a le plaisir de remettre son Prix du courage politique à deux personnalités, une francophone et une flamande, qui ont contribué à briser les clichés en matière communautaire et à jeter des ponts entre les différentes Régions du pays. Ce Prix cherche à mettre en lumière le courage de personnalités de la société civile, ou du monde politique, ayant publiquement exprimé leur rejet du repli sur soi et leur attachement au "vivre ensemble" multiculturel à la belge.

Nous souhaitons également rendre hommage aux négociateurs qui ont réussi à doter notre pays d’un gouvernement de plein exercice pour le jour de la remise de ce Prix. Qu’ils en soient remerciés et félicités.

BPlus est, cette année, particulièrement heureuse de récompenser des représentants de deux mondes ayant toujours prôné la plus-value multiculturelle de notre pays. Tout d’abord, le monde culturel, flamand en particulier, qui se mobilise, depuis de nombreuses années, contre la stigmatisation de l’autre Communauté et contre une forme de pensée unique nationaliste qui semble envahir les esprits. Ensuite, le monde du sport de haut niveau qui, non seulement réunit l’ensemble des Belges derrière ses performances, mais porte également haut les couleurs nationales sur la scène internationale.

Enfin, en terme de courage politique, nous tenons à souligner que, dans le contexte actuel où le repli sur soi tend à prendre une place toujours plus importante, oui, il est courageux de s’opposer à ceux et celles qui veulent monter les Communautés les unes contre les autres. Oui, il est courageux de contredire ceux et celles qui veulent imputer tous les problèmes communautaires ou socio-économiques aux seuls Flamands ou, respectivement, aux seuls Francophones. Et oui, il est courageux de vouloir aujourd’hui encore rassembler l’ensemble des citoyens, Wallons, Flamands, Bruxellois et Germanophones, le temps d’un concert, d’un événement festif ou d’une performance sportive ! Au nom du Comité de direction de BPlus, je tiens donc à chaleureusement féliciter nos deux lauréats.

Madame la députée Kattrin Jadin, Vice-Présidente du CA de BPlus, va remettre le Prix au premier lauréat.

mercredi 26 octobre 2011

La Belgique est morte… Vive la Belgique !

Sonnez trompettes et clairons, ça y est, nous avons enfin notre sixième réforme de l’Etat, mieux connue sous le pseudonyme « d’accord papillon ». Les responsables de huit formations politiques ont en effet réussi à prendre des décisions courageuses afin de sortir notre pays de l’impasse institutionnelle dans laquelle il se trouvait depuis le lendemain des élections fédérales de juin…2007 ! Au passage, ils ont également eu le cran de laisser sur le bord de la route deux acteurs politiques qui ne vivent que de la confrontation communautaire et de la stigmatisation de l’autre. Même si cet accord n’est évidemment pas parfait, ses principaux axes ont le mérite d’être équilibrés et de résoudre des disputes empoissonnant la vie publique belge depuis des décennies. On pourrait faire couler beaucoup d’encre à décortiquer ce texte sous toutes ces formes ou à y recenser les victoires et les défaites de chaque camp. Nous laisserons cet exercice périlleux aux journalistes spécialisés et aux politologues avertis. Une chose est cependant certaine, et ce quelque soit l’angle d’attaque ou le parti pris, la Belgique « post-papillon » sera drastiquement différente de ses modèles antérieurs. Gaston Eyskens restera dans l’Histoire comme celui qui a enterré la « Belgique de bon-papa » en 1970 et Elio Di Rupo probablement comme celui qui aura fait de même avec la « Belgique de papa », née suite à l’abandon de l’Etat unitaire. Le pays que nous avons connu depuis trois décennies est donc bien mort, ce qui entraîne des conséquences politiques importantes.
Tout d’abord, au niveau des symboles. Maintenant que les arrondissements électoraux et judiciaires de BHV sont scindés, il ne reste plus de symboles représentant la domination et l’arrogance francophones au Nord du pays, telles que véhiculée par la doctrine nationaliste flamande. Dans le passé, nous avons connu la modification de la frontière linguistique, la sous-représentation du néerlandais à Bruxelles, les expositions culturelles en français à Gand ou Anvers, les universités enseignant à Louvain ou Gand dans la langue de Molière ou les inévitables Fourons. Tous ces « Graals » de la cause flamande, qui sont tombés les uns après les autres, avaient en outre la fâcheuse faculté d’attirer un large public, pas forcément séparatiste, vers les idées nationalistes prônées successivement par la Volksunie, la N-VA ou le Vlaams Belang. Ce ne sera donc plus le cas à l’avenir et c’est tant mieux. Il restera encore les facilités, me direz-vous. C’est vrai, mais, au-delà d’être bétonnées dans la Constitution, elles ne s’appliquent qu’à un nombre restreint de communes, situées en périphérie bruxelloise ou le long de la frontière linguistique et peuplées en grande partie, voire majoritairement, de Francophones. On peut dès lors penser que leur potentiel mobilisateur dans l’opinion publique flamande soit bien inférieur aux tabous précédemment évoqués.

Ensuite, le paysage politique belge va être amené à évoluer. Au cours de ces négociations, le FDF et la N-VA ont en effet été poussés à mettre fin au lien privilégié qu’ils entretenaient respectivement avec le MR et le CD&V. Ces derniers ont joué la carte de la responsabilité et vont désormais entrer en concurrence avec leur ancien partenaire. Cet état de fait pose la question de l’avenir des partis privilégiant le radicalisme et l’affrontement communautaires, qui avaient une influence importante du temps de la « Belgique de papa ». Au Nord du pays, sans BHV et avec un axe CD&V / Open-VLD qui risque de mener une politique de centre-droit au niveau fédéral, on peut se demander sur quel créneau va se placer la N-VA ? Ce parti devra se baser uniquement sur la popularité record de Bart De Wever, qui ne pourra durer éternellement. Au Sud du pays, la situation semble encore plus compliquée pour le FDF vu que celui-ci n’a aucune implantation en Wallonie. Avec la scission de BHV, il ne peut en outre espérer que peu de sièges lors des prochains scrutins fédéraux. La survie même du parti, en dehors du parlement de la Région bruxelloise, est donc clairement en jeu.

Enfin, il va dorénavant falloir accepter que les Régions, avec leur territoire clairement défini, deviennent les piliers incontestables de notre Etat fédéral remodelé. De même, prendre en compte leur régime linguistique, leurs règles et leurs mécanismes de financement propres deviendra incontournable lors de prises de décisions importantes. Que ce soit lorsqu’on déménage, choisit une école pour son enfant ou installe une entreprise.
Faut-il être pour autant regarder passer le train institutionnel et attendre gentiment la prochaine étape qui pourrait voir la dislocation définitive de notre pays ? Que du contraire ! Nous nous devons de saisir cette sixième réforme de l’Etat à bras le corps, ce qui doit impérativement passer par les citoyens. Le veulent-ils encore ? Selon les dernières enquêtes, plus de 75% des Flamands sont fiers d’être Belges et plus de 85% des Francophones souhaitent que ce pays ait un avenir. Que demander de plus en termes d’adhésion citoyenne ? Vive donc la Belgique…2.0 !

L’important est de saisir les opportunités qui s’offrent à nous et de recréer du lien entre les gens, entre Bruxellois, Flamands, Wallons et Germanophones. Mettre, par exemple, sur pied des projets rassembleurs par-delà la frontière linguistique, dont l’efficacité se fera sentir par chacun : une foire de l’emploi à Courtrai destinée à procurer du travail aux habitants de Mouscron, Tournai et Ath ; une télévision fédérale bilingue sur le modèle d’Arte, afin d’apprendre à connaître l’autre, ou encore un événement culturel ou sportif d’envergure internationale. Les pouvoirs publics doivent idéalement emboiter le pas en rendant obligatoire l’enseignement de la deuxième langue nationale dans chaque Région (ce n’est pas le cas en Wallonie) ou en signant un accord de coopération culturelle entre les deux grandes Communautés du pays. Ces quelques exemples, parmi tant d’autres, montrent que de réelles améliorations de notre « vivre ensemble » peuvent être réalisées sans passer par des mois de négociations politiques à huit-clos. Il faut simplement de l’envie et de la volonté. A nous de jouer !