mardi 1 mars 2011

L'équipe belge de Coupe Davis contre le séparatisme!



BPlus et l’équipe belge de Coupe Davis se mobilisent !

L’asbl BPlus (http://www.bplus.be/), qui se bat pour le rapprochement entre Flamands et Francophones et lutte activement contre toute tendance séparatiste, et l’équipe de Coupe Davis ont décidé de se mobiliser afin de célébrer le « vivre ensemble » à la belge. Pour ce faire, tout le groupe a posé avec un polo Advantage Belgium confectionné spécialement pour l’occasion. Vous trouverez les photos en annexe de ce message.

L’équipe belge de Coupe Davis de tennis, composée de joueurs du top niveau, aussi bien Flamands que Francophones (Xavier Malisse, Olivier Rochus, Steve Darcis et Ruben Bemelmans), expérimente au quotidien cette richesse multiculturelle qui lui réussit très bien. En effet, elle fait partie des 16 meilleures équipes mondiales et affrontera ce week-end à Charleroi l’Espagne de Rafael Nadal en 1/8e de finale du groupe mondial.

En cette période de blocage politique profond, BPlus est très heureuse de constater qu’après d’autres secteurs de la société civile belge (syndicats, étudiants ou artistes), ce sont à présent des sportifs de haut niveau qui s’opposent à toute forme de séparatisme.

De Belgische Davis Cup ploeg tegen separatisme!



BPlus en de Belgische Davis Cup-ploeg zetten zich samen in!

Samen met de Davis Cup-ploeg heeft de vzw B Plus (http://www.bplus.be/), een beweging die ijvert voor een toenadering tussen Vlamingen en Franstaligen en die zich actief afzet tegen elke vorm van separatisme, beslist om zich voor het promoten van het "samen leven" in te zetten. Daarom poseert de ganse ploeg met een polohemd Advantage Belgium, dat speciaal voor deze gelegenheid werd gemaakt. In Bijlage aan dit bericht kan U deze foto's terugvinden.

De Belgische Davis Cup-tennisploeg die samengesteld is uit zowel Vlaamse als Franstalige spelers van topniveau (Xavier Malisse, Olivier Rochus, Steve Darcis en Ruben Bemelmans) is dagelijks getuige van deze multiculturele rijkdom die haar duidelijk zeer goed bevalt. Deze Belgische ploeg maakt inderdaad deel uit van de 16 beste ploegen in de wereld en zal dit weekend in Charleroi strijd leveren tegen de Spaanse ploeg van Rafaël Nadal in het kader van de achtste finale van de wereldgroep.

In deze tijden van een diep ingewortelde politieke impasse, is BPlus zeer verheugd te kunnen vaststellen dat, naast de andere sectoren van de Belgische samenleving (vakbonden, studenten of artiesten), nu ook sportmannen van hoog niveau zich verzetten tegen elke vorm van separatisme.

vendredi 7 janvier 2011

Où sont les citoyens ?

Après environs sept mois de négociations en vue de réformer l’Etat, une dizaine de « semaines cruciales », différents passages par la case « Palais royal » et la publication d’une note finale ayant échoué à relancer les pourparlers à sept, on a l’impression que tout a été dit ou presque au sujet de la formation du prochain gouvernement fédéral. Pourtant, un acteur essentiel de ce feuilleton à rebondissements est très rarement mis sur le devant de la scène : le citoyen, ou plutôt les citoyens. Ils se sont exprimés le 13 juin dernier lors des élections, me direz-vous. C’est vrai, mais n’ont-ils pour autant plus le droit de manifester leur opinion ? Et puis, ont-ils voté pour que, début 2011, nous soyons sans gouvernement et que le bout du tunnel communautaire semble toujours aussi loin ? On peut raisonnablement en douter… Qu’il n’y ait pas de malentendu : retourner aux urnes serait la pire des options, mais il n’empêche que, dans toute démocratie qui se respecte, des mouvements citoyens ou sociaux se lèvent régulièrement pour exprimer leur sentiment au monde politique. On l’a récemment constaté en France face à la réforme des retraites ou au Royaume-Uni face aux mesures d’austérité prises par le gouvernement. Alors pourquoi pas chez nous ? Et ce, quel que soit le message de fond car il est intéressant de noter qu’aucune dynamique populaire visible ne se crée en faveur de la fin du pays, de son unité ou d’un point précis des discussions en cours. Restons cependant de bon compte et reconnaissons que certains leaders syndicaux ont dernièrement appelé au maintien de la sécurité sociale au niveau fédéral ou que le monde culturel s’est élevé contre le nationalisme, au Nord comme au Sud du pays, via des cartes blanches dans la presse écrite. Ceci ne ressemble pourtant en rien de près ou de loin à un véritable élan citoyen réussissant à mobiliser des milliers de personnes dans la rue. Comment dès lors expliquer cette apparente apathie ambiante ? Essayons d’esquisser quelques pistes d’explications plausibles.

Premièrement, on entend souvent que le communautaire n’intéresse que les responsables politiques car il ne touche pas aux « vrais problèmes des gens », comme le chômage, le logement, la mobilité ou la santé. Rien n’est plus contestable. Non seulement, nos querelles institutionnelles ont donné lieu à des rassemblements de masse dans le passé, rappelons-nous des dizaines de milliers de personnes participant aux marches flamandes sur Bruxelles dans les années’70 ou aux manifestations en faveur de l’unité du pays dans les années’90 et 2000, mais en plus les discussions actuelles portent sur des sujets cruciaux touchant au quotidien de l’ensemble de nos concitoyens. En effet, la fameuse note Vande Lanotte parle de réformer la justice, l’impôt des personnes physiques (IPP) ou encore les allocations familiales, qui représentent tous des domaines pouvant influencer fondamentalement notre bien-être et notre pouvoir d’achat.

Un argument plus pertinent est constitué par le degré de complexité des thèmes abordés. De fait, on a l’impression qu’il faut être titulaire d’un doctorat en finances ou d’une licence en droit constitutionnel pour pouvoir suivre les rebondissements concernant la loi de financement ou les différents transferts de compétences. Cette complexification à outrance éloigne tout naturellement le citoyen de la sphère publique et lui ôte toute envie de se passionner pour de tels sujets. Ceci dit, le fait d’avoir souhaité objectiver les négociations, d’avoir fait appel à la Banque Nationale et au Bureau du Plan ou d’avoir mis sur pied un groupe d’experts « high level » est une marque de sagesse de la part de Johan Vande Lanotte qui a probablement permis de calmer le jeu au moment où les esprits s’échauffaient.

Enfin, il semble pertinent d’évoquer la lassitude comme dernier élément majeur pouvant justifier le manque d’initiative populaire à la crise actuelle. Cela fait en effet plus de six mois que les média nous décrivent en long et en large le blocage politique actuel et que nos oreilles attentives commencent à faire une overdose du roman fleuve qu’est devenu « la formation du gouvernement belge ». Si c’était le titre d’une série télévisée, on en serait même à la quatrième saison vu que l’instabilité au sommet de l’Etat dure depuis les élections de juin 2007, voire à la vingtième si l’on se réfère à la problématique BHV qui hante les couloirs de la rue de la Loi depuis les années’70. Au-delà de cette légitime lassitude, une répétition tout aussi dérangeante s’est installée. Combien de fois effectivement le plan B n’a-t-il pas été analysé dans tel dossier spécial, ou tel reportage d’investigation ; une famille bilingue n’a-t-elle pas été suivie pendant une semaine par des caméras de chaînes étrangères ou des éminents politologues n’ont-ils pas monopolisé notre petit écran pendant une énième édition spéciale du journal télévisé? La sensation de déjà-vu est tellement forte que la plupart d’entre nous a arrêté de compter depuis belle lurette.
Faudrait-il donc attendre que ce mauvais moment passe en assistant aux événements en tant qu’observateurs ? Certainement pas, que du contraire ! Comme le rappelait à juste titre l’édito du journal Le Soir du lundi 3 janvier, il faut s’indigner de ce qui nous déplaît, faire entendre sa voix et clamer haut et fort son opinion. Même si c’est compliqué, même si l’indifférence semble générale ou même si les jeux politiciens paraissent prendre le dessus. C’est justement le meilleur moment pour agir. Que ce soit pour pousser les syndicats à manifester contre toute mesure remettant en cause la solidarité entre tous les Belges, pour inciter les organisations patronales à rejeter toute scission de l’impôt des sociétés car elle induirait une concurrence néfaste entre Régions ou pour tout simplement écrire directement à un député de votre choix en lui faisant part de votre point de vue. C’est par l’expression de la volonté citoyenne que ce pays pourra durablement lutter contre le repli sur soi et le nationalisme, rejetés par la majorité des habitants de Flandre, de Bruxelles et de Wallonie. Faire confiance à ses responsables politiques lors de négociations importantes sur le futur du pays est normal, leur faire comprendre que la vigilance citoyenne (et pas seulement médiatique !) est maximale et que toute décision sera jugée sous un angle critique et constructif est le signe d’une société civile participative et d’une démocratie moderne. Ayons cette ambition !

BPlus plaide pour une consultation populaire!

Suite au refus de la N-VA et du CD&V de reprendre les négociations sur base de la note de Johan Vande Lanotte, le blocage politique de notre pays est total. Il dure depuis plus de six mois. En tant que mouvement citoyen regroupant l'ensemble des strates de la population de part et d'autre de la frontière linguistique, BPlus estime qu'il est temps que nos concitoyens s'expriment sur la direction à donner aux débats actuels.

Il n'est pas question d'appeler à revoter car les électeurs ont déjà donné leur opinion en juin dernier : ils veulent un gouvernement stable et une réforme de l’Etat. BPlus appelle dès lors à la mise sur pied, dans les meilleurs délais, d'une consultation populaire organisée par les trois Régions du pays et portant sur la question suivante :

Souhaitez-vous que les négociations politiques reprennent, sans délai, sur base de la note remise par Johan Vande Lanotte, sans que celle-ci ne soit fondamentalement modifiée ? (Oui / Non)

Nos responsables politiques devraient par ailleurs s'engager à respecter le résultat de cette consultation si la réponse obtient la majorité simple (>50%) au sein de chacune des trois Régions (Wallonie, Flandre et Bruxelles).

Toute démocratie qui se respecte fait appel à sa population durant les moments clés de son Histoire. Nous sommes persuadés que l’immense majorité des citoyens belges, quelle que soit la région où ils se trouvent, souhaitent aller de l’avant vers la formation d’un gouvernement et la conclusion d’une réforme de l’Etat durable.

Réaction de BPlus à la note du conciliateur royal Johan Vande Lanotte : Oui, mais…

Au cours des dernières années, BPlus s’est toujours attelé à développer, dans les matières communautaires et institutionnelles, une argumentation profondément fédéraliste visant à promouvoir une réforme de l’Etat équilibrée et la mise sur pied d’une Belgique fédérale, solidaire et efficace. Les nombreux textes rédigés par notre mouvement ont continuellement veillé à représenter un compromis acceptable par les Flamands et les Francophones et ont bénéficié de l’appui et d’un grand degré de participation de l’ensemble de nos 4.000 membres.

BPlus a bien sûr dû réévaluer ses positions à la lumière de la note du conciliateur royal Johan Vande Lanotte et, après concertation, se prononce en faveur de la relance sans délai des négociations à sept (NVA, PS, SPA, Ecolo, Groen, CDH et CD&V) sur base de cette note. Vous trouverez ci-dessous un compte-rendu de notre analyse :

1) Matières touchant à la sécurité sociale : déception.

Communautariser les allocations familiales et une partie des soins de santé représente une brèche importante dans les mécanismes de solidarité entre tous les Belges. Le fait que le financement de toutes les prestations sociales reste fédéral est positif mais nous estimons cependant que la boite de Pandore a été ouverte. Les milieux nationalistes réclamant déjà une septième réforme de l’Etat si ce texte est adopté.

2) Autres transferts majeurs de compétences : ouverture.

Justice.

BPlus se déclare ouvert à une régionalisation partielle de la justice, pour peu que les paquets de compétence restent homogènes et que le secteur judiciaire soit consulté. En outre, que des matières régionales soient jugées devant un tribunal régional nous paraît logique dans le cadre d’un système fédéral moderne.

Code de la route.

BPlus ne voit pas l’intérêt d’une telle mesure mais est prête à l’accepter dans le but d’arriver à un compromis acceptable par tous.

Emploi.

BPlus est disposée à accepter la régionalisation de l’emploi tel que proposée dans la note Vande Lanotte.

3) Modernisation de la vie politique : où est la circonscription fédérale ?

BPlus se réjouit des mesures suivantes mentionnées dans la note, même s’il faut bien sûr attendre de voir comment elles seront mises en œuvre concrètement :

Réforme du Sénat en un lieu de rencontre des différentes Communautés, sur le modèle du Sénat allemand. Un tel dispositif, pour peu que de véritables compétences fortes y soient associées, serait une amélioration importante de notre système fédéral.
Mise en place d’une Communauté urbaine autour de Bruxelles traitant de problématiques de mobilité, d’emploi et d’urbanisme.
Possibilité de présenter des listes bilingues pour les élections régionales bruxelloises.

BPlus regrette profondément que la logique modernisatrice n’ait pas été poussée jusqu’au bout et que l’instauration d’une circonscription électorale fédérale pour la Chambre ne figure pas dans le texte, au même titre qu’une certaine dose de hiérarchie des normes, comme c’est dans tous les systèmes fédéraux.

4) BHV et Bruxelles: satisfaisant.

BPlus prend acte de la scission de l’arrondissement électoral de BHV qu’il soutient depuis des années. Cependant, notre mouvement déplore que l’instauration d’une circonscription électorale nationale n’ait pas été rajoutée au compromis. En effet, couplée à l’assouplissement de la circulaire Peeters et la possibilité pour les Francophones habitant les six communes à facilités de voter à Bruxelles, l’ensemble nous paraît plus équilibré.

Les réformes internes à la Région bruxelloise nous paraissent également acceptables et nécessaires.

5) Loi de financement : satisfaisant.

BPlus a toujours été favorable à une responsabilisation accrue des entités fédérées et à une autonomie fiscale limitée des Régions. Pour peu que le principe clé selon lequel aucune des Régions concernées ne peut être appauvrie suite à la réforme de la loi de financement, BPlus se prononce donc en faveur de sa révision.

Par ailleurs, BPlus est convaincu qu’un refinancement de Bruxelles est indispensable afin que cette Région puisse remplir au mieux ses fonctions de capitale européenne, belge et flamande.

mercredi 20 octobre 2010

BPLUS DEMANDE AUX PARTIS DE REPRENDRE LES NÉGOCIATIONS SUR BASE DE LA NOTE « DE WEVER »

BPLUS est partisan d’une réforme de l'État équilibrée. Nous acceptons d’avantage d’autonomie pour les Régions et les Communautés (notamment dans les domaines ayant trait à l’impôt des personnes physiques et au marché de l’emploi), une responsabilisation fiscale accrue et, évidemment, la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde, moyennant la mise en place d’une circonscription électorale nationale.

Néanmoins, la note De Wever va trop loin dans la régionalisation des compétences. C’est d’abord le cas des allocations familiales, un domaine qui fonctionne bien et où il n’y a pas de tensions communautaires. C’est aussi celui de la coopération au développement, un secteur où presque tous les experts sont d’accord pour dire que le niveau fédéral est le plus pertinent. Il convient en outre de vérifier de plus près si le financement à long terme de l’Etat fédéral est assuré. Enfin, les acteurs de terrains (associations de magistrats ou d’avocats) doivent être consultés avant qu’une grande partie de la justice ne soit régionalisée.

Ceci étant dit, BPLUS accepte la note De Wever comme un texte de base pour les négociations à condition qu’il soit amendé et amélioré.

Nous appelons dès lors tous les responsables politiques concernés du Nord comme du Sud du pays à se remettre à la table des négociations. De nouvelles élections n’arrangeraient rien et les électeurs se sont de surcroit déjà exprimés en juin dernier. Avec, à la clé, un message clair : ils veulent une nouvelle Belgique et non la fin du pays ou le blocage permanent. Il est vrai que les modalités de la réforme divergent fortement. Mais il convient de distinguer l’essentiel de l’accessoire. Nous demandons donc solennellement aux représentants du peuple de se comporter en hommes et femmes d’État et de respecter le mandat qui leur a été donné afin de construire une Belgique réformée en mettant de côté les querelles personnelles et les jeux politiciens.

dimanche 17 octobre 2010

Une vérité qui dérange.

Les négociations politiques en vue de la formation du prochain gouvernement fédéral et d’un accord sur une réforme de l’Etat semblent plus compromises que jamais et plus aucun commentateur avisé n’ose pronostiquer une issue favorable. Malgré ce pessimisme ambiant qui dure maintenant depuis environ quatre mois, il reste un acteur déterminant qui souhaite encore mordicus un avenir pour ce pays : nos concitoyens. En effet, cela fait deux semaines que tous les médias, au Nord comme au Sud de la frontière linguistique, les sondent au sujet du futur de la Belgique et les chiffres restent invariablement les mêmes : autour de 15% de séparatistes en Flandre, autour de 3% à Bruxelles et autour de 5% en Wallonie. L’écrasante majorité des habitants de ce pays se prononce donc en faveur de son unité et, ce, depuis des décennies. C’est un fait tout à fait remarquable qui est très peu commenté, voire même parfois dénigré si l’on prend en compte l’acharnement médiatique avec lequel on essaye de vendre le concept de « Plan B » ou de « Fédération Wallonie-Bruxelles » aux Francophones ; ou d’indépendance flamande aux Néerlandophones. Ces théories, qui ne semblent intéresser que peu de Belges, font toutefois la Une des journaux et des plateaux de télévision depuis au moins trois ans. On serait même tenté de conclure qu’on cherche davantage à monter les citoyens les uns contre les autres et que cette envie de « vivre ensemble » ne correspond pas à une certaine volonté politico-médiatique. On conçoit bien que c’est sans doute aller un peu vite en besogne mais on ne peut s’empêcher de penser que le résultat de ces enquêtes d’opinion à répétition constitue une « vérité qui dérange » pour certains, sur laquelle ils préfèrent fermer sciemment les yeux.

C’est certainement le cas pour les nationalistes flamands, le noyau dur de la N-VA en tête, qui martèlent depuis des années que la Belgique n’a plus de valeur ajoutée, que ce que font les Flamands seuls, ils le font mieux ou encore que le système fédéral ne marche plus car les responsables politiques n’arrivent plus à s’entendre. Ce dernier argument est le plus pervers car si certains acteurs refusent de faire fonctionner notre système politique afin de démontrer qu’il est bloqué, on ne sortira forcément jamais de l’impasse, sauf via la séparation. C’est d’ailleurs ce type de double-jeu qu’est suspectée de pratiquer la N-VA, qui est tout à fait consciente du fait que la plupart de ses électeurs n’est pas séparatiste. Pour preuve, Bart De Wever a éludé au maximum d’employer cet adjectif durant la dernière campagne électorale, même s’il fait partie intégrante de son programme.
Les médias du Nord du pays ont par ailleurs souvent embrayé sur ces thématiques et ces clichés. Même s’il ne faut pas généraliser, il est assez évident que le courant de pensée dominant la plupart des journaux et des faiseurs d’opinion en Flandre est celui réclamant toujours moins de Belgique ou toujours plus de Flandre, c’est selon. Ne nous méprenons-pas, notre pays a besoin d’une réforme de l’Etat octroyant davantage de responsabilisation et d’autonomie aux Régions, mais faut-il pour autant minimiser toutes les initiatives visant à rapprocher Francophones et Flamands, voire les passer sous silence ?

Les tendances de fond du côté francophone sont sans doute plus partagées mais il est indéniable que les dernières semaines ont vu fleurir dans la presse des scénari détaillés de Belgique résiduelle et des déclarations enflammées de responsables wallons menaçant de larguer la Flandre si nécessaire. Musculation pré-électorale, démonstration d’ego ou tactique de négociation ? Difficile à dire mais les médias ont en tout cas rapidement emboité le pas. A force de « jouer à se faire peur » et d’évoquer le pire, on risque de créer un vent d’inquiétude, voire de panique, dans la population, alors que, on le répète, celle-ci ne veut rien entendre de ces plans d’action post-Belgique.

L’objectif ici n’est pas d’alimenter une quelconque théorie du complot mais bien de poser plusieurs constats, dont celui voulant que les idées défendant l’unité du pays ou une main tendue d’une Communauté vers une autre n’aient pas la cote actuellement alors qu’elles sont plébiscitées par les populations des trois Régions du pays. De plus, l’honnêteté intellectuelle nous oblige à reconnaître que nous sommes tous coupables de cet état de fait : les citoyens, qui ne font entendre leur voix que via sondages interposés ; les médias, qui tombent trop facilement dans le sensationnalisme et nos élus, qui ont du mal à sortir de l’affrontement binaire d’une Communauté face à l’autre. Afin d’arrêter ce cercle vicieux, il faudrait une forte mobilisation populaire, peu fréquente dans nos contrées quand il s’agit de sujets politiques ou que cette « vérité qui dérange » soit révélée au plus grand nombre. Imaginons en effet un Al Gore à la belge qui sillonnerait l’ensemble des centres cultures du pays dans le but de démontrer la plus-value économique et sociale de la Belgique pour l’ensemble de ses habitants, de mettre en lumière l’absurdité de certains de nos désaccords communautaires et de prouver à quel point nos concitoyens tiennent au maintien d’un cadre belge, pourvu qu’il fonctionne. Rien d’émotionnel donc, mais uniquement des faits, des chiffres et des enquêtes scientifiques. Utopique dans le contexte actuel ? Peut-être. Techniquement réalisable ? Certainement. En tout cas, l’appel à candidatures vient d’être lancé…