jeudi 25 mars 2010

Le Roi et l'unité du pays.

Deux semaines avant que les esprits communautaires ne s’échauffent à nouveau sur la question de B-H-V, l’enquête menée conjointement par La Libre et De Standaard sur le rôle du Roi nous permet de nous échauffer quelque peu. Voire même de provoquer des débats bien plus enflammés que sur les questions institutionnelles classiques car les lignes de démarcation sont ici plus nombreuses : républicains contre monarchistes, défenseurs de l’unité du pays contre séparatistes, sociaux-chrétiens contre libéraux, etc… Toute la subtilité résidant également dans le fait que ces différentes catégories puissent s’entrecroiser. Il y a par exemple des républicains attachés à la Belgique ou des libéraux conservateurs et monarchistes. Voir clair dans les agendas de chacun n’est donc pas évident.

En vérité, la question centrale, qui n’est pas systématiquement mise en avant dans les joutes médiatiques, est ici de savoir quel est l’impact du rôle du Roi sur l’unité du pays. En effet, si nous vivions dans un pays « plus conventionnel » (sans lourd passé communautaire, sans système fédéral complexe et sans fragile équilibre entre Communauté, Régions et Etat fédéral), il serait évident, d’un point de vue purement démocratique, qu’une monarchie ne sert plus à grand-chose au 21è siècle et qu’au mieux ses prérogatives doivent être réduites au strict minimum, pour ne pas dire plus. En Belgique, ce sujet prend une toute autre tournure car il est souvent lié à l’existence même du pays. Toucher aux pouvoirs du Roi est donc souvent interprété comme porter atteinte à notre unité nationale. Pourtant, est-ce encore bien le cas ?

D’un point de vue historique, le Souverain a toujours symbolisé la cohésion des différentes entités composant la maison Belgique. Durant les deux derniers siècles, il jouissait d’ailleurs d’un pouvoir important et il a été intimement associé à toutes les grandes décisions de politique intérieure ou extérieure jusqu’à la fin des années 80. Pour preuve, les nationalistes flamands (N-VA et Vlaams Belang en tête) ne s’y trompent pas et il entre très clairement dans leur stratégie de diminuer les pouvoirs royaux, voire de les abolir, afin de franchir un pas décisif vers la séparation. Ceci étant dit, ma conviction est que la volonté de vivre ensemble des Wallons, des Flamands et des Bruxellois ne dépend plus aujourd’hui de la famille royale, de ses prises de position, de ses actions ou de la personne qui succédera à Albert II. Cette volonté sera, par contre, influencée par la capacité de nos responsables politiques à apporter de la valeur ajoutée au quotidien de nos concitoyens. Par la démonstration continue qu’évoluer dans un pays multiculturel au cœur de l’Europe est une chance, qui se mérite et doit être entretenue. Enfin, par la détermination à faire de cette expérience et de cette solidarité multiculturelle une réussite prise en exemple au niveau international.

Faut-il pour autant jeter le bébé avec l’eau du bain et se diriger vers un régime présidentiel ? Je ne le pense pas. Tout d’abord, Albert II remplit aujourd’hui parfaitement son rôle et le symbolisme qu’il représente à l’égard de la population est sans aucun doute positif. Les avis sont unanimes à cet égard. Ensuite, il faut, comme souvent en Belgique, être pragmatique par rapport aux conséquences drastiques qu’aurait une abolition de la monarchie. Imaginons un instant que nous devions élire un président, les débats quant à la mise en place de cette élection pourraient durer des années. En effet, organiserait-on une élection directe via une circonscription nationale (comme en France) ? Les Francophones demanderaient alors un mécanisme de protection pour avoir de temps en temps un président issu de leurs rangs. Mettrait-on en place un vote via grands électeurs (comme aux Etats-Unis), par province ou région ? Cela promettrait des discussions sans fin pour se mettre finalement d’accord sur un candidat. Ferait-on élire le président par le Parlement ? Les puristes y verraient une entorse à la démocratie et les négociations à la Chambre risqueraient également de prendre un certain temps. Rendons-nous compte que le problème B-H-V traîne dans les placards depuis plus de vingt ans et qu’avec un tel débat on risquerait d’en prendre pour vingt ans supplémentaires !

L’idéal serait donc de faire évoluer, de moderniser la fonction royale en lui ôtant certaines prérogatives n’ayant plus de sens aujourd’hui (promulgation ou signature des lois), et en lui maintenant celles le confortant dans son rôle stabilisateur et unificateur (participation à la formation du gouvernement fédéral ou entretien hebdomadaire avec le Premier ministre). J’ignore quel nom il faudrait donner à ce genre de monarchie, protocolaire ou autre. Mais ce dont je suis convaincu c’est qu’un tel dossier ferait mieux de rester en dehors des prochaines négociations sur la réforme de l’Etat car il est trop chargé émotionnellement et il risque de compromettre les discussions portant sur d’autres points bien plus importants pour le futur de nos concitoyens comme la fiscalité ou le financement de notre sécurité sociale.

Dès lors, ne nous trompons pas de cible. Ce sera bien durant ce prochain « round » institutionnel, qu’on nous annonce depuis presque trois ans, que se joueront la modernisation de notre système fédéral, le maintien de notre solidarité interpersonnelle et la réorganisation de nos équilibres communautaires. En d’autres mots, l’avenir de notre pays. Le Souverain n’y tiendra qu’un rôle secondaire tandis que les citoyens seront assis dans le fauteuil du régisseur, comme dans toute bonne démocratie. Ils devront alors faire entendre leur voix aux acteurs principaux, nos responsables politiques, afin qu’ils évoluent dans la direction qui respecte leur volonté. C’est ce processus, et lui seul, qui sera décisif quant à la sauvegarde de l’unité du pays.

mercredi 10 mars 2010

Identité millefeuille.

En cette veille de printemps 2010, les questions identitaires reviennent au premier plan et font la une de l’actualité malgré les graves problèmes économiques auxquels nous sommes confrontés. Cela s’explique sans doute par le fait que les citoyens ressentent le besoin de définir périodiquement leurs valeurs, leur sentiment d’appartenance à un groupe ou à une nation, et de mettre en lumière ce qui les différencie par rapport à d’autres. Nos amis français viennent à peine de terminer de longs mois de palabres sur le sujet, qu’il fait déjà irruption chez nous à travers deux événements récents : la profession de foi wallonne de Rudy Demotte et l’application du décret « Wonen in eigen streek » du parlement flamand. Ces deux cas ne sont évidemment pas similaires mais ont tout deux trait à l’identité.

D’un côté, il s’agit de valoriser le fait « d’être wallon » et d’exalter le sentiment de fierté par rapport à cette région, et de l’autre, la volonté est de déterminer si telle ou telle personne a des attaches concrète avec l’endroit où elle désir acheter un bien immobilier. L’objectif peut à chaque fois paraître louable au premier abord mais, comme souvent avec ce genre de thématique, on peut rapidement déraper vers des eaux bien plus troubles. C’est souvent une question de perception et d’application. La tournure qu’a prise le débat en France, en se focalisant sur la communauté musulmane, est à cet égard un exemple flagrant de dérive incontrôlée.
Concernant Rudy Demotte, il n’y a rien de mal à vouloir redonner confiance à ses concitoyens wallons grâce à une sortie médiatique de grande ampleur, que du contraire. Le problème survient lorsque cela est perçu comme une réaction, une attaque même, envers une autre identité, la flamande en l’occurrence. C’est ce qui s’est produit avec la presse étrangère, le Figaro en particulier, qui a vu cette manœuvre comme une tentative de se mesurer au nationalisme flamand. Concernant le décret « Wonen in eigen streek », ses implications concrètes sont beaucoup plus graves, voire inadmissibles, car des Francophones, au même titre que des Flamands d’autres provinces, se sont vu refusés l’achat d’un bien dans certaines communes du Nord du pays. Faire en sorte que des jeunes couples ne pâtissent pas de la forte hausse immobilière et ne soient pas rejetés de leur commune natale est une chose, entraver le principe fondamental de liberté de circulation et d’établissement en est une autre. Le dérapage est donc ici total.

Un fil rouge se dégage néanmoins de ces initiatives controversées : comment mettre en avant son identité ou son appartenance locale sans rejeter ou exclure certaines catégories de la population ? La reconnaissance d’une identité multiple ou millefeuille peut nous y aider. Ce concept emprunté à la Professeure Anne Morelli, par ailleurs Vice-Présidente du CA de BPlus, part du principe que nous avons tous plusieurs appartenances en nous qui ne sont absolument pas contradictoires. On peut donc parfaitement se sentir à la fois fier d’être Wallon, Bruxellois ou Flamand, Belge et Européen. Ces différents qualificatifs sont d’ailleurs souvent mis en opposition alors que leur acceptation commune représente la base même de tout système fédéral moderne et assumé. Poussons le raisonnement plus loin afin de montrer que notre identité renferme plusieurs tiroirs et qu’il ne sert à rien de vouloir les cloisonner comme c’est souvent le cas dans les débats précités. Ne serait-il donc pas possible d’être Français et musulman ; Liedekerkois de gauche et Européen convaincu ; Wallon d’origine flamande et de droite ; Marocain et juif; homosexuel et conservateur ; royaliste et anticapitaliste ou encore Bruxellois et rattachiste (quoique…) ? Bien sûr que oui. L’ensemble de ces facettes dessinent notre identité, l’enrichissent, la rendent complexe et intéressante. C’est pourquoi il est impossible de la résumer à une seule d’entre elles. Et pourtant, nous sommes de plus en plus souvent amenés à devoir choisir notre camp à tout prix afin de nous positionner sans ambiguïté face à tel ou tel « autre » groupement.

Au risque de paraître (à nouveau) trop optimiste, la Belgique a peut-être bien à nouveau un rôle de pionnier à jouer dans cette affaire. Parce que nous sommes par définition un peuple imprégné de cultures, de traditions et de références multiples, au croisement des civilisations latine et germanique. Cette prise de conscience « en millefeuille » que nous avons de nous-mêmes explique sans doute notre côté patriotique modéré et notre profil bas reconnu, à tort ou à raison, par tous nos voisins. Le Belge serait-il donc l’Européen du 21è siècle ? A vous de juger…

samedi 6 mars 2010

Contrastes...

Depuis une semaine, je suis à Mumbai (anciennement Bombay) en Inde pour mon travail et je dois encore y rester quelques jours. C'est d'ailleurs pour cette raison que je n'ai pu dédicacer mon livre à la Foire du livre ce week-end, à mon grand regret.

Dans un pays comme l'Inde, une des 5 plus grosses puissances économiques mondiales, on se rend vraiment compte de l'ampleur des défis globaux du 21e siècle. D'un côté, une économie hyper dynamique, des buildings qui poussent comme des champignons, des multinationales occidentales se battant pour capter ce marché de 1,2 milliards d'âmes, des hôtels 5 étoiles juchés à chaque carrefour du quartier des affaires à côté de restaurants tendances derniers cris. D'un autre côté, les laissés pour compte, les miséreux, représentant la majorité des habitants, qui dorment pour la plupart à même le trottoir ou dans les fameux slums devenus célèbre grâce au film Slumdog millionnaire et qui gagnent probablement moins d'1 dollar par jour. Entre ces deux extrêmes, une classe moyenne semble péniblement se développer mais la répartion des tâches entre les différentes classes (et castes) reste toutefois celle d'un autre siècle: il y a en effet du personnel pour tout! Ouvrir les portes, servir du thé ou de l'eau, appuyer sur les boutons de l'ascenseur, pousser la chaise quand on s'assied, repousser les mendiants quand on prend un taxi, allumer l'airco en salle de réunion, etc...

Je ne veux pas donner une image négative de ce pays extraordinaire (dans tous les sens du terme) où les gens sont extrêmement gentils mais plusieurs images de mes 5 jours passés ici m'ont vraiment marqué. Elles étaient toutes liées à la répartition inéquitable de la croissance économique. J'en ai parlé à un des mes collègues indiens (appartenant bien sûr à la classe moyenne/haute) et il me répondit que la croissance économique profitait à tous car plus il y a d'entreprises, plus il y a de jobs créés, peu importe leur degré de précarité. Je lui fis remarquer qu'il faudrait toutefois songer à mettre en place un système de redistribution formelle des richesses, sur le modèle de notre sécurité sociale, afin que les plus pauvres puissent vraiment sortir de la misère. Il souria alors en disant que ce genre de système était valable pour la vieille Europe à la croissance et au dynamisme décadent mais pas pour les pays en plein boom... J'arrêtai le débat à ce moment-là mais il est évidemment révélateur de ce qui se joue au niveau mondial actuellement: va-t-on continuer à donner la priorité à la création absolue de richesses ou plutôt à une véritable redistribution de celles-ci? Ce sont les pays tels l'Inde, la Chine, la Russie ou le Brésil qui, à mon sens, feront pencher la balance et nous resterons vraisemblablement cantonnés au rôle de spectateur.

Cela nous éloigne pas mal des problèmes belgo-belges pourrait-on croire au premier abord. En fait, pas tant que cela. Les défis du 21è siècle pour nos concitoyens sont aussi liés aux transformations de l'économie, de l'environnement et de la répartition des richesses. Evidemment, notre système social est un atout formidable par rapport à ces pays émergents mais il ne faut certainement pas se reposer sur nos lauriers durement acquis.
Au niveau de nos différends communautaires, ce genre d'expérience permet aussi de relativiser fortement les choses et de recentrer les priorités. Comme je le répète depuis longtemps, OUI!, nos problèmes institutionnels doivent être solutionnés au plus vite et non rangés au placard. Cependant, envoyer nos responsables politiques les plus excités sur les sujets communautaires en séminaire de travail en Inde, en Chine ou au Brésil permettrait certainement de remettre un peu l'église au milieu du village. Songeons ne fut-ce qu'un instant à ces habitants de Bruxelles à qui on a refusé de vendre une maison dans certaines communes flamandes à cause de leur manque de lien de proximité... Je suis prêt à me cotiser pour payer au plus vite un billet d'avion pour Mumbai au fonctionnaire flamand qui a pris cette décision! A méditer...

dimanche 28 février 2010

Réponse à Pierre Bouillon - carnet du samedi (Le Soir, 27 février)

Voici le carnet du samedi 27/02 de Pierre Bouillon. J'ai mis en italique le passage où il fait référence à mon livre:

Curieuse confusion des pouvoirs

Gilles Vanden Burre préside BPlus, mouvement anti-séparatiste qui préconise un « fédéralisme vrai et équilibré. » Mercredi, il présentait à la presse un livre d’assez bon aloi (« Oui, une autre Belgique est possible ») où l’auteur affirme notamment, on résume, que les Belges veulent continuer à vivre ensemble, en dépit de ce que nous chantent quelques politiques obsessionnels compulsifs. Si on évoque ce livre, c’est parce que l’auteur a déclaré à la presse : « Le débat sur l’avenir du pays est confisqué par les milieux politique, médiatique et académique. »
Confisqué !!??… Que des citoyens se soient spontanément délivrés du saint devoir de s’intéresser à la chose publique, ça, oui – et on ne juge pas, notez. Mais on se demande bien de quels pouvoirs politiques et médias disposeraient pour confisquer quoi que ce soir. On serait même tenté de penser que les citoyens disposent pour l’heure de plus en plus d’outils pour faire entendre leur voix et interpeller le politique – on songe aux sites, aux blogs, aux forums et même à ces SMS que l’on peut dérouler le dimanche midi sous la bobine de Pascal-Vrebos-mais-c’est-terrible-ce-que-vous-dites, pour faire valoir un point de vue citoyen étoffé. Au surplus, on rappellera l’existence de ces libertés constitutionnelles d’avoir un avis, de pouvoir l’exprimer et même de créer des associations pour donner du volume à son propos. Bref : confisqué qui-quoi-comment-dans quel but ? Nous pas comprendre.


Ce propos de M. BPlus intervient à l’heure où s’est réactivé le débat sur l’un des moyens les plus ordinaires de s’impliquer dans le débat politique : voter. Faut-il maintenir l’obligation de voter ? Le VLD a rouvert le débat en apprenant que le parquet ne poursuit plus les réfractaires. Alexander De Croo (VLD) plaide : avec le Luxembourg et la Grèce, la Belgique est le dernier pays européen où voter est forcé. Rappelant que cette obligation remonte à 1893 (l’année du suffrage universel), il juge qu’« il est temps que cette règle du 19e siècle retourne dans les livres d’histoire » (s’il fallait soulager notre législation de tout ce qui a été conçu avant le XXe, les études de droit dureraient trois mois –mais bref…). Ce n’est pas la première fois que le VLD charge sur ce terrain (à l’arme légère : visez le poids des arguments), sûr qu’il est que libéraliser le vote flatterait ses scores. Le projet n’est donc pas totalement pur (pour être franc : il ne l’est pas davantage chez les défenseurs du vote obligatoire, qui font le calcul exactement inverse.) On ne va pas, ici, peser les avantages et inconvénients du devoir de voter. On va juste noter que le pouvoir législatif a fixé une règle. Qu’il y a des sanctions. Mais que le parquet a donc décidé de ne pas châtier les fautifs. Pour le dire
autrement : le pouvoir judiciaire fait donc la loi. C’est nous ou ça n’est pas normal ?

Voici par ailleurs la réponse que je viens de lui envoyer par e-mail:

Cher Monsieur Bouillon,

J'ai eu le plaisir de lire que vous faisiez référence à mon livre "OUI! Une autre Belgiques est possible" (Editions Luc Pire) dans votre billet de ce samedi 27 février dans Le Soir. Comme vous vous posez certaines questions par rapport à la phrasesuivante, prononcée à l'occasion de la présentation du livre à Madame Lamensch mardi dernier, "Le débat sur l'avenir du pays est (la plupart dutemps) confisqué par les milieux politique, médiatique et académique", je tenais à vous apporter certains éclaircissements sur ce que je voulais précisément dire.

Je ne suis absolument pas un adepte de la théorie du complot et je ne sous-entendais pas que les instances politiques ou médiatiquesconfisquaient sciemment le débat sur l'avenir du pays pour satisfaired'obscurs agendas cachés. Par ailleurs, je vous rejoins lorsque vous dites que les citoyens ont de plus en plus d'outils à leur disposition pour sefaire entendre: blogs, forum, twitter, facebook, etc...

Ce que je voulais en fait dire en employant le mot "confisquer" est que le débat sur l'avenir de la Belgique s'est complexifié à outrance ces dernières années et qu'il s'est de ce fait éloigné des citoyens. Sur les 10 millions de Belges, qui peut en effet expliquer clairement les implications qu'aurait une scission de BHV, le transfert de telle ou telle compétence vers le niveau fédéral ou régional, l'utilisation de la procédure de la sonnette d'alarme ou celle du conflit d'intérêt? Très peu,vous en conviendrez. J'en conclus que pour pouvoir suivre le débat communautaire aujourd'hui tel qu'il est souvent présenté dans les médias, il faut être responsable politique, professeur d'université ou journalistespécialisé.

Un des objectifs principaux de mon livre est dès lors de redonner la parole aux citoyens en repartant de la question fondamentale: souhaite-t-on encore vivre ensemble? Mon intime conviction est que la réponse sera positive pour la grande majorité de nos concitoyens. Par lasuite, je démontre que chacun, à son niveau et s'il le souhaite bien sûr,peut oeuvrer au rapprochement entre Flamands et Francophones par des actions concrètes et des gestes quotidiens simples. Les citoyens ont doncun rôle crucial à jouer.

On pourra en effet enfermer des mois nos responsables politiques dans le Château de Val Duchesse, ils trouverontsans doute des compromis improbables, tous plus ingénieux les uns que lesautres. Cependant, sans une volonté ou un élan populaire clairs, aucune solution durable ne sera apportée aux défis de notre "vivre ensemble".

La dernière partie du livre s'attache davantage à résoudre nos fameusesépines institutionnelles (BHV, nomination des bourgmestres, répartitiondes compétences,...) et à plaider pour un profond changement de mentalité. Je serais évidemment ravi de pouvoir en discuter directement avec vous sivous le désirez et je vous fais parvenir un exemplaire du livre cette semaine. Merci d'avance pour votre attention.

samedi 27 février 2010

Quelques photos comme promis...
























Voici quelques photos de la soirée de lancement du livre de lundi dernier... Pour vous donner un parfum de l'ambiance..








mardi 23 février 2010

Chaud au coeur...

Hier soir avait lieu le drink de lancement de mon livre OUI! Une autre Belgique est possible et, franchement, il y avait bien davantage de personnes présentes que ce que j'avais pu imaginer. Toutes ces marques de soutien et d'encouragement m'ont vraiment fait chaud au coeur. Que ce soit de la part de ma famille et de ma copine, de mes amis proches que je connais depuis 10 ou 15 ans, d'anciens ou d'actuels collègues de travail, ainsi que des fidèles de la première heure ou des nouveaux membres du mouvement BPlus. Tous ces visages, ces sourires et ces regards intéréssés autour de ce projet, qui recèle tant d'importance à mes yeux, m'ont fait extrêment plaisir. J'ai d'ailleurs l'intention de partager quelques photos de cet événement avec vous très prochainement.

De plus, de nombreuses personnalités, avec qui j'ai de près ou de loin pu collaborer dans le cadre de mes activités au sein de BPlus, se sont également déplacées pour l'occasion, ce que je prends comme une marque de respect et de crédibilité pour mon travail et celui de l'asbl. Je tiens évidemment à les remercier: Fabienne Rynik (directrice des éditions Luc Pire), Bert Kruismans (humoriste), Charles Bricman, Philippe Van Parijs, Dave Sinardet, Philippe Delstanche (Pro Bruxsel), Bram Boriau (SP-A), Eric Jadot (Ecolo), David Weytsman (MR), Rodolphe Sagehomme (CDH), Sophie Brouhon (SP-A) ou encore Maurice Velge. Sans parler de tous ceux qui m'ont envoyé un petit message de sympathie car ils ne pouvaient être présents. Pourquoi les citer? Parce que cela fait du bien d'avoir l'impression de ne pas prêcher dans le désert!

J'espère donc qu'à présent cet ouvrage séduira un maximum de lecteurs et suscitera un grand nombre de débats. Mais selon une expression corsacrée par mon patron, "Hope is not a strategy". Je compte dès lors me démener pour en parler, le présenter et en discuter le plus souvent possible, avec tout type de public. Votre aide me sera évidemment précieuse et indispensable dans cette tâche compliquée mais ô combien passionnante!

mardi 16 février 2010

Beste Kris, il est temps de nous rassurer...

Comme je l'exprimais avec mon billet précédent rédigé hier soir, je souhaitais m'abstenir de tout commentaire (et certainement communautaire ou politique) afin de respecter le deuil des victimes de l'accident ferroviaire de Hal.

Je ne peux cependant rester muet devant les premiers commentaires à chaud attribués à Kris Peeters (Ministre-Président flamand, actuellement en mission en Californie) : "C'est à nouveau un jour noir pour la Flandre". Pour confirmation de l'information, voyez l'article du Standaard, http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=DMF20100215_047
et le billet de Fabrice Grosfilley à ce sujet sur son blog: http://blogs.rtlinfo.be/carnetpolitique/peeters-la-flandre-les-victimes/.

Je peux encore comprendre que Monsieur Peeters n'ait pas, dans un premier temps, pu mesurer, de San Francisco, toute l'ampleur de la catastrophe et qu'il ait d'abord mis en avant sa fonction de "Premier" flamand, surtout que le drame s'est déroule au Nord du pays. A présent, au vu du bilan actuel et du constat que la majeure partie des passagers du train était francophone (ceci m'a été confirmé il y a une demi-heure par un ami travaillant à la Croix rouge), il est urgent que Monsieur Peeters rectifie son premier message.

Il faut bien sûr éviter toute polémique communautaire dans le cas présent, ce serait ridicule et déplacé.

Une victime est une victime, comme je l'écrivais hier, qu'elle vienne de Mons, Hal, Buizingen, Braine-le-château, d'Australie ou d'Alaska. Il est néanmoins urgent que Monsieur Peeters réaffirme clairement son sentiment car jouer sur les mots ou faire du nationalisme "feutré" ou "sous-jacent" dans de telles circonstances serait littéralement inacceptable!

J'ai toujours pensé que Kris Peeters était un homme compétent, censé, raisonnable et très doué pour la communication. Que son penchant parfois "très flamand" était dû à sa fonction et qu'au fond ce n'était pas un nationaliste à la sauce N-VA. J'espère sincèrement que les prochaines heures vont confirmer ma théorie...

Beste Kris, il est temps de nous rassurer...