samedi 28 juillet 2012

Candidat ECOLO-Groen à Ixelles.

Depuis le moment où j'ai rejoint le parti ECOLO en juin 2010, je dois bien avouer que j'ai mordu à pleines dents à "l'hameçon politique" et que ma motivation à m'engager davantage dans les combats menés par le parti vert n'a fait que croître au fil du temps. Même si je ne suis pas toujours d'accord avec tout (ça serait trop beau...et trop facile!), cette motivation s'articule autour de trois axes principaux:

1) L'éthique et la manière de faire de la politique.

Evoluant au sein d'ECOLO depuis maintenant un peu plus de deux ans, j'ai pu réaliser à quel point les valeurs d'éthique et de contrôle démocratique des décisions prises se retrouvent dans les gênes vertes. Au niveau des pratiques politiques, à titre d'exemple, ECOLO est le seul à promouvoir le décumul des mandats ou la limitation dans le temps de l'exercice d'un mandat public (deux législatures consécutives maximum par niveau de pouvoir). En outre, les nominations d'administrateurs ECOLO pour les intercommunales ou autre organe public sont réalisées par un jury de sélection ad hoc et ensuite validées par un vote des membres réunis en AG. Ces règles représentent pour moi une dimension fondamentale de l'action politique et de la bonne gestion du bien public.

2) La modification de nos modèles économiques et financiers.

Ingénieur commercial de formation et cadre dans une entreprise industrielle, je me rends depuis quelque temps compte que notre modèle économique ne peut plus continuer en l'état. Que ce soit au niveau de l'exploitation des matières premières ou de la mondialisation débridée qui engendre une pression parfois intenable et des délocalisations souvent injustes, nous arrivons clairement à la fin d'un cycle. Il est donc urgent d'axer nos politiques économiques sur le développement durable, la production et l'entreprenariat local. De même, les marchés financiers doivent être davantage régulés afin de les recentrer sur leur activité première: le financement des entreprises, et non la spéculation à court terme.

3) L'amélioration de la structure fédérale belge et la lutte contre le nationalisme.

ECOLO m'a toujours semblé être le plus proche des idées rassembleuses défendues par BPlus (asbl que je préside depuis 2007 et qui oeuvre au rapprochement entre Flamands, Wallons et Bruxellois) avec des propositions telles que la circonscription électorale unique ou l'introduction de listes bilingues pour les élections régionales bruxelloises. De plus, via leur étroite collaboration avec Groen, les verts montrent bien que jeter des ponts de part et d'autre de la frontière linguistique est bien plus utile et efficace que d'ériger des murs. Durant les dernières négociations institutionnelles, les liens forts unissant ECOLO et Groen ont par ailleurs, de l'avis unanime de tous les participants, permis de débloquer de nombreux dossiers et points de friction.

L'ensemble de ces défis ainsi que la passion que j'ai pour la politique depuis mon adolescence m'ont poussé à m'engager également au niveau local et j'aurai donc le plaisir de figurer à la 13e place sur la liste ECOLO-Groen à Ixelles.

Je suis en effet convaincu que de nombreuses décisions prises au niveau communal peuvent avoir un impact important sur le quotidien de nos concitoyens. Il suffit de penser aux politiques menées par le CPAS, à l'enseignement communal, à la mobilité, à la propreté de la voirie ou encore au travail de la police pour s'en convaincre.

Voici le programme et la liste complète d'ECOLO pour Ixelles:


N'hésitez pas à me faire part de votre avis, de vos remarques ou de vos suggestions.

vendredi 27 juillet 2012

Matraquer De Wever, c’est le renforcer.

Texte paru dans la Libre Belgique du 25 juillet 2012.


Depuis quelques semaines, un nouveau sport a vu le jour : la critique systématique de Bart De Wever et de ses moindres faits et gestes. Cet exercice est par ailleurs devenu national vu que les attaques fusent des deux côtes de la frontière linguistique. Paradoxalement, la Belgique se retrouve donc unie face à cet ennemi commun des partis traditionnels flamands et du monde politico-médiatique francophone dans son entièreté.
Ces reproches systématiques formulés à l’égard du leader nationaliste peuvent en outre se regrouper en deux catégories : ceux visant sa personne et ceux annonçant le chaos pour juin 2014. Le premier est illustré par Alexander De Croo (Open-VLD) ironisant sur son absence du parlement flamand par rapport à son omniprésence médiatique tandis que le second l’est par les récentes sorties d’Eric Van Rompuy (CD&V) décriant ses desseins séparatistes ou par certaines Unes de journaux francophones suite aux récents sondages donnant la N-VA largement en tête des intentions de vote en Flandre. Dans les deux cas, c’est tout à fait contreproductif. Tout d’abord, les provocations ad hominem représentent le terrain de jeu favori de Bart De Wever, sur lequel il est imbattable. Grâce à son charisme, son humour cynique et son verbe haut en couleur, il excelle dans la riposte et dans la réplique cinglante. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si plus aucun responsable politique flamand n’ose débattre face à lui sur un plateau de télévision depuis des mois. Ensuite, jouer les Cassandres et prédire la fin brutale du pays en cas de victoire écrasante de la N-VA en juin 2014 est une stratégie vouée à l’échec. Rappelons-nous que les nationalistes se présentent volontiers comme « anti-establishment » et comme moteur du changement (comme le rappelle leur slogan pour les communales «de kracht van verandering - la force du changement ») et qu’ils seraient ravis de pouvoir ébranler le système en place. De plus, ils savent pertinemment bien que leur nouvel électorat ne les a pas rejoints pour des raisons communautaires mais pour leur profil de droite décomplexée, voire populiste. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le potentiel électoral de la N-VA est évalué à 40%, tandis que le nombre de séparatiste reste invariablement autour des 15% depuis presque 20 ans dans toutes les enquêtes d’opinion. Contrairement à certaines idées reçues, l’aspect communautaire n’est pas prioritaire dans le choix de vote des Flamands. Hurler au loup séparatiste n’influencera dès lors pas leur vote et aura comme seule conséquence de mettre la N-VA encore un peu plus sous le feu des projecteurs.

La preuve la plus flagrante de ce qui précède est que De Wever lui-même cherche continuellement à susciter les réactions précitées en flinguant tous azimuts : contre le gouvernement fédéral (cible privilégiée), contre ses partenaires du gouvernement flamand (dont la N-VA fait partie) et même contre l’Europe qu’il compare à une Belgique XXL en termes de fonctionnement.
Faudrait-il donc laisser le président des nationalistes en paix et, comme une douleur lancinante dans le dos, attendre que cela passe en serrant les dents ? Bien sûr que non. Il est important de continuer à lui faire face dans la perspective des élections fédérale et régionale de 2014, dont les résultats pourraient de facto faire trembler notre pays sur ses bases. Mais en modifiant l’angle d’attaque. Arrêtons d’agiter l’épouvantail séparatiste ou de viser la forme, attaquons le cœur de la cible : le programme socio-économique de la N-VA, qui lui permet de ratisser aussi large.

En analysant celui-ci de plus près, on se rend assez rapidement compte que de nombreux points pourraient donner lieu à des controverses ou à des débats houleux. En voici quelques exemples :
- scission de l’impôt des sociétés et concurrence fiscale entre Régions

- scission et privatisation partielle de la sécurité sociale

- diminution drastique du rôle syndical au sein des entreprises

- réduction au maximum du rôle de l’Etat

- flexibilisation poussée à l’extrême des horaires de travail et des salaires

- suppression des statuts ouvrier et employé
En d’autres mots, c’est clairement un programme de droite néo-libérale dure, dans la lignée de Margareth Thatcher, voire même de Georges W. Bush. Chaque parti a bien sûr le droit de défendre les idées qui lui plaisent (seules celles d’extrême droite étant intrinsèquement intolérables) mais la question est de savoir si les potentiels 40% de l’électorat flamand tentés par la N-VA se retrouvent dans ces points de vue. On peut sérieusement en douter vu qu’ils seraient défavorables à de nombreux pans de la société. Le problème majeur est qu’ils sont probablement inconnus du grand public car il en est très peu fait mention dans les émissions ou articles de presse consacrés à Bart De Wever et à son parti. Taper sur le clou des faiblesses de cet argumentaire et sur les conséquences désastreuses qu’il pourrait avoir sur une large partie de la population belge, flamande en particulier, est le meilleur moyen de faire mentir les oracles plaçant la N-VA aux portes de la majorité absolue en Flandre en 2014.
Même si la comparaison peut s’avérer boiteuse, De Wever fait aujourd’hui penser au Sarkozy de 2007 : incarnant le changement, voulant rompre avec le passé, ultra populaire et pouvant rassembler aussi bien à gauche qu’à droite autour de son seul nom. La pratique du pouvoir et la mise en place de son programme ont mis fin à cet état de grâce pour terminer par une défaite le 6 mai dernier dans les urnes. Pour que pareille désillusion puisse arriver au leader nationaliste, sa personne devrait être liée à l’exercice du pouvoir, ce qui n’est pas le cas actuellement, même si son parti se trouve dans la majorité régionale flamande. Faudrait-il en arriver à souhaiter une victoire de De Wever à Anvers en 2012 afin de pouvoir confronter son programme et sa gestion politique à la réalité, et de mieux le tacler durant la campagne de 2014 ? La question a le mérite d’être posée.

lundi 28 mai 2012

Réaction au dossier du Vif du 25 mai "Wallons-Flamands, couple raté".

Voici le texte complet de la réaction que j'ai envoyée à la rédaction du Vif suite à leur dossier du 25 mai dernier: "Wallons-Flamands, couple raté".

Pourquoi annoncer à tout prix la fin de la Belgique ?

A la lecture du dossier du Vif de la semaine dernière « Wallons - Flamands, le couple raté » et de l’éditorial de Christine Laurent « Divorce à la Belge », je me suis demandé si je lisais une publication électorale nationaliste flamande ou si j’avais entre les mains un des hebdomadaires francophones les plus sérieux du pays. Ce n’est pas tant le corps de ce dossier historico-psychologique qui était choquant, mais bien les conclusions tirées, tout à fait malhonnêtes intellectuellement.

Au niveau historique, même si des variations existent d’un expert à l’autre, les faits et les symboles sont connus : l’élite au pouvoir dès la naissance de la Belgique était francophone et a contrôlé l’Etat jusqu’à la moitié du 20e siècle, les soldats flamands envoyés au front en 1914 ne comprenaient pas la langue de Voltaire, la collaboration a été traitée différemment au sortir de la 2e guerre mondiale de part et d’autre de la frontière linguistique, le « walen buiten » a provoqué une fracture irréversible, le nationalisme politique flamand enchaîne les victoires électorales depuis les années’70, etc... Cette partie descriptive du dossier est d’autant plus inattaquable qu’elle se base sur un ouvrage de qualité écrit par des historiens et des psychologues de renom : « Belgique-België : Un Etat, deux mémoires collectives ? » (éditions Mardaga). La raison commence à perdre pied lorsque les journalistes en concluent que « le ver était dans le fruit dès l'origine », que le « divorce est annoncé » ou que « depuis toujours, Flamands et Wallons évoluent mentalement chacun de leur côté ». C'est non seulement très simpliste, mais cela casse surtout le travail tout en nuance et en équilibre de l’ouvrage précité. Le clou de ces raccourcis journalistiques se trouve sans doute en page 26 lorsque Pierre Havaux souhaite démontrer l'échec de l'Etat belge en concluant par: « Aujourd'hui, devant la télé, le Flamand savoure The Voice Vlaanderen. Le francophone s'éclate devant The Voice Belgique. » On croit rêver... Le degré de probabilité de scission du pays est jugé à l’aune des programmes de téléréalité regardés. Le plus paradoxal est que le chef du jury de la version flamande était Koen Wauters (membre du groupe Clouseau et auteur de la chanson Leve België), ennemi juré des séparatistes et que la finaliste de la version francophone était flamande… Un imbroglio bien belge donc mais, soit, passons.

Il n’est cependant pas question ici de faire de la méthode Coué belgicaine de base. Oui, les Flamands et les francophones (et les Germanophones d'ailleurs) sont différents, ne regardent pas la même télévision, n'écoutent pas les mêmes chanteurs, ont des lectures propres de certains événements historiques (souvent très symboliques) et votent de manière sensiblement distincte. Est-ce pour autant qu'il faut en conclure que ce pays est fini? Que ses 10 millions d'habitants n'ont plus aucun avenir ensemble? Que nous sommes tous et toutes contraints à l'appauvrissement (financier comme culturel) généralisé? Cette propension à la sinistrose, volontaire ou pas, devient tout à fait insupportable. Pourquoi ne pas mettre en avant que la Belgique est un des pays européens qui a le mieux résisté à la crise économique, avec un taux chômage, certes trop élevé, mais inférieur à la moyenne de la zone Euro ou avec un déficit public inférieur à 3% et conforme aux critères de Maastricht ? Cerise sur le gâteau, notre pays excelle au classement de l’indice du « Vivre mieux » de l’OCDE, loin devant la France, l’Italie ou le Japon. Et pourtant, pas un seul cocorico à l’horizon.

Le plus irritant, dans le dossier incriminé, est que les articles et l’éditorial concluant à la fin inéluctable du pays ne mentionnent pas une seule fois les concepts clés constituant aujourd’hui une plus-value pour nos concitoyens : solidarité, dynamisme économique et multiculturalité.

La solidarité entre des personnes de génération, de condition, d’origine ou de langue différente est le ciment de toute société. Casser le modèle belge signifie mettre fin à ce lien interpersonnel indispensable qui a déjà tant de mal à s’exprimer au niveau européen. Si Wallons, Flamands et Bruxellois ne sont pas capables de partager le même filet social, oublions immédiatement tout mécanisme qui permettrait de venir en aide aux populations grecques, espagnoles ou portugaises.

Concernant le dynamisme économique, de nombreuses publications ont démontré par le passé que les entreprises n’avaient rien à gagner d’une séparation : instabilité juridique, augmentation des tracas administratifs ou risque de concurrence fiscale entre les nouveaux Etats. Sans parler de la dégradation du climat de confiance entre francophones et Flamands qui seront obligés de rester voisins et donc partenaires commerciaux. Enfin, parler des langues distinctes au sein d’un même pays engendre, il est vrai, des complications et des malentendus. Mais une telle multiculturalité n’est-elle pas avant tout une richesse ? Que ce soit en termes d’ouverture d’esprit, de mélange ou de compétitivité sur le marché du travail. Sur ces trois thèmes fondamentaux, pas un mot… Un silence qui en dit long.
Je ne sais pas pourquoi Le Vif a décrété un tel crédo basé sur une analyse aussi partielle de notre passé et de notre contexte communautaire. Quel intérêt y a-t-il à annoncer à tout prix la fin de la Belgique ? Y aurait-il une intention de faire passer un message politique envers la population francophone? Je n'en ai aucune idée mais j’aimerais comprendre. Je souhaiterais également demander à la rédaction de réaliser leur prochain dossier, par soucis d’équité idéologique, sur « Les pistes pour améliorer le modèle belge ». Dans ce monde autour de nous, où des pays se déchirent, sont au bord de la faillite, et flirtent avec l’extrême droite populiste, l’exemple belge témoigne en effet d’un espoir pour l’avenir, celui de faire cohabiter, au cœur de l’Europe, des communautés différentes, mais néanmoins attachées à une même conception de la chose publique. Cela représente un défi de taille qui sera toujours soumis à des tensions, des réformes et des remises en question. C’est le prix à payer pour qu’il continue à procurer du bien-être à ses 10 millions d’habitants, comme il le fait depuis 182 ans.



jeudi 22 mars 2012

Réaction à la chronique "Pauvre Flandre" de Patrick Besson (Le Point - 22 mars 2012).

Voici tout d'abord le texte auquel je tiens à réagir par les quelques lignes ci-dessous:
http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/patrick-besson/pauvre-flandre-22-03-2012-1443965_490.php#liste_commentaires

Même si tout n'est pas faux dans cet édito de Patrick Besson, c'est toujours un peu la même chose quand les intellectuels parisiens se penchent sur la cas de la Belgique et plaident ouvertement pour le séparatisme en croyant faire "tendance" ou aller à contre-courant: simplisme, condescendance et méconnaissance de la situation. Un peu comme quand Eric Zemmour comparait la Wallonie à l'Allemagne de l'Est de la France, qu'il fallait rattacher au plus vite...

C'est vrai que notre pays n'est pas éternel et que si la notion de "Belgique" disparaissait, ce ne serait pas un drame en soi. Ce qui est occulté dans ce raisonnement, c'est que derrière ce "mythe", il y a des concepts fondamentaux de solidarité, de richesse multiculturelle et d'idéal européen. Il y a aussi des citoyens, et petit détail, ceux-ci ne souhaitent pas se séparer, malgré leurs différences et leur désir d'autonomie. Alors, Monsieur Besson, je me permets un petit conseil: la prochaine fois que vous souhaitez prendre notre petit royaume comme sujet de votre chronique, écrivez un texte avec l'accent belge et quelques contrepétries, votre domaine de prédilection. Vous éviterez ainsi de tirer des conclusions hâtives sur le devenir d'un pays dans lequel vous venez juste de passer quelques heures à l'occasion d'un deuil national!



vendredi 9 mars 2012

BPlus dénonce le « piège à cons » du confédéralisme proposé par la N-VA.

Suite à son congrès de lancement en vue des élections communales d’octobre 2012, le parti indépendantiste flamand de la N-VA a réaffirmé sa volonté d’appliquer le confédéralisme en Belgique au lendemain des élections fédérales de juin 2014. BPlus tient à s’opposer de toutes ses forces à ce concept opportunément flou de confédéralisme qui n’a qu’un seul objectif : séparer le pays au plus vite.

Le confédéralisme est donc un séparatisme qui ne dit pas son nom et qui aura des conséquences néfastes pour l’ensemble des Flamands, Wallons et des Bruxellois :

• Fin de la démocratie directe. Le confédéralisme consistant en la réunion de plusieurs Etats souverains, les membres du parlement ou de l’assemblée confédérale ne seront plus élus directement par la population mais nommés par les parlements des Etats membres de la confédération.

• Fin de la solidarité. Il n’existe pas de lien de solidarité au niveau des confédérations. La sécurité sociale ne s’exercera donc qu’entre les habitants d’une même Région, avec toutes les pertes de bien-être que cela occasionnera.

• Fin de la stabilité. Depuis la nuit des temps, aucun modèle confédéral n’a tenu plus que quelques années. Soit il évoluait vers une séparation pure et simple (comme la Serbie et le Monténégro en 2006) ou vers un modèle fédéral plus intégré (comme l’Allemagne ou les Etats-Unis).


Nous demandons donc à la N-VA d’assumer pleinement son programme séparatiste et d’arrêter de tromper les citoyens à des fins électoralistes.

BPlus klaagt de "valstrik" van het confederalisme aan dat door de N-VA wordt voorgesteld.

In de aanloop naar de gemeenteraadsverkiezingen van oktober 2012, heeft de N-VA, de partij die streeft naar Vlaamse onafhankelijkheid, tijdens haar verkiezingscongres duidelijk haar intentie herbevestigd om het confederaal model in België in te voeren na de federale verkiezingen in juni 2014. BPlus verzet zich met klem tegen dit klaarblijkelijk van pas komend confederaal concept dat uiteindelijk slechts één enkel doel heeft: het land zo vlug mogelijk op te splitsen.

Het Confederalisme is niets anders dan een verdoken separatisme dat heel wat negatieve gevolgen met zich zal meebrengen voor zowel de Vlamingen, de Walen als de Brusselaars.

• Het confederalisme betekent het einde van de directe democratie: Door het feite dat het confederaal systeem een verzameling van verschillende soevereine staten inhoudt, zullen de parlementsleden of de leden van de confederale Algemene Vergadering niet meer rechtstreeks door de bevolking verkozen worden. Zij zullen daarentegen door de Parlementen van de lidstaten van de confederatie aangeduid worden.

• Het confederalisme betekent het einde van de solidariteit: In een confederatie bestaat er geen enkele binding tussen de lidstaten voor wat de solidariteit betreft. De sociale zekerheid zal dus enkel spelen voor de bewoners van eenzelfde Regio, met een verlies van welvaart tot gevolg.

• Het confederalisme betekent het einde van de stabiliteit: Sinds mensenheugenis heeft geen enkel confederaal model het langer dan enkele jaren kunnen uithouden. Ofwel evolueerde het model naar een klare en duidelijke splitsing (zoals Servië en Montenegro in 2006), ofwel evolueerde het model naar een meer geïntegreerd federaal model (zoals Duitsland of de Verenigde Staten).

 
Wij vragen dus aan de N-VA om openlijk voor haar separatistisch programma op te komen en te stoppen met het misleiden van de burger om puur electorale redenen.

vendredi 13 janvier 2012

2012 : printemps démocratique belge ?

L’année qui s’ouvre promet d’être extrêmement riche en débats politiques et en combats électoraux. En effet, deux pays sur lesquels nos regards médiatiques sont régulièrement posés éliront cette année leur nouveau président et leur nouvelle assemblée législative (dans son entièreté ou en partie): nos voisins français en mai et juin prochains et nos amis américains en novembre. Entre ces deux grands moments d’actualité internationale, les élections communales belges se tiendront en octobre avec, à la clé, des résultats qui ont auront certainement une influence sur la politique fédérale. Parallèlement à ces processus classiques, les transitions démocratiques issues des révolutions du printemps arabe devraient continuer à se mettre en place, à des degrés divers en fonction des pays, et donner lieu à des joutes politiques intéressantes entre partis laïques, islamistes modérés ou plus conservateurs. Bref, en un mot comme en cent, les douze mois à venir seront marqués par les affrontements idéologiques et les propositions en tout genre visant à sortir des crises économique, sociale et financière dans lesquelles nous sommes empêtrés. Il suffit de revenir un instant sur les exemples français et américain pour se rendre compte à quel point les divergences de vue et de personnalités sont profondes. Que ce soit entre Nicolas Sarkozy et François Hollande ou entre Barack Obama et son opposant républicain (qui sera désigné par les primaires en cours), les points de vue sont tranchés, les attaques virulentes et le débat sociétal plus vif que jamais.

 
En Belgique, un tel moment démocratique n’existe malheureusement pas. Parce que nous n’avons pas d’élections présidentielles, me direz-vous ? Je ne le pense pas car les élections générales espagnoles ou allemandes, par exemple, qui consacrent un Premier Ministre et une coalition gouvernementale, se révèlent tout aussi passionnantes. A cause de notre système proportionnel alors, qui oblige plusieurs partis, parfois opposés idéologiquement, à s’unir pour former un gouvernement ? En partie, sans doute, mais ce n’est pas l’explication principale. A vrai dire, nous avons bien un chef de gouvernement, Elio Di Rupo, et un opposant principal de poids, Bart De Wever, qui ont de surcroit des bases idéologiques franchement opposées. Mais, le problème majeur réside dans le fait qu’ils ne sont pas concurrents électoraux. Voici donc une nouvelle particularité belge unique au monde : l’électeur n’a pas la possibilité de départager, par son vote, les deux principaux rivaux politiques du pays! C’est d’autant plus regrettable que depuis qu’Elio Di Rupo est devenu Premier Ministre, il met en place une véritable offensive de charme envers le Nord du pays. Médiatiquement, le duel entre les deux hommes a donc bel et bien débuté et risque de s’avérer passionnant, Bart De Wever étant invité depuis longtemps par la presse francophone. D’un point de vue électoral, il est inexistant.

Plusieurs solutions existent ou peuvent être imaginées afin de réparer ce vice de forme de notre démocratie. Tout d’abord, on pourrait créer un nouvel arrondissement électoral allant d’Arlon à Ostende et incorporant toutes les listes électorales du pays. Ce projet de circonscription nationale est depuis longtemps dans les cartons mais se heurte à deux obstacles majeurs : il implique une révision de plusieurs articles de la Constitution et il est bloqué par un veto du CD&V. La première difficulté rend le vote sur la mesure impossible avant la prochaine législature, et la seconde explique que cette proposition ait été mise au frigo durant les dernières négociations institutionnelles. On voit donc mal comment cette idée pourrait revenir sur la table du gouvernement avant des années, pour ne pas dire des décennies.

Si regrouper toutes les listes au sein d’une même circonscription semble actuellement compromis, une autre option serait de pousser les partis les plus importants à se présenter dans toutes les circonscriptions du pays. Concrètement, le législateur pourrait décider que toutes les formations politiques réunissant plus de 10% des suffrages sur l’ensemble d’une Région soient obligées de se présenter dans les deux autres, sans devoir passer par les formalités administratives d’usage (récolte et validation de 500 signatures par circonscription). Pour les partis ayant un homologue de l’autre côté de la frontière linguistique (les socialistes, libéraux, socio-chrétiens et écologistes), la mesure ne changerait pas grand-chose mais inciterait les binômes PS/SP-A, MR/VLD, CDH/CD&V et Ecolo/Groen à présenter un programme fédéral commun en vue des scrutins nationaux. Concernant la N-VA, cette formule exigerait qu’elle présente des candidats dans toutes les provinces wallonnes ou qu’elle trouve un parti « frère » en Wallonie. Bart De Wever pourrait alors enfin venir défendre son programme dans le Sud du pays et rentrer véritablement dans l’arène politique francophone. Il ne pourrait plus tenir des propos vexatoires ou discriminant sur les Wallons car il devrait les séduire, en tant qu’électeurs potentiels. Elio Di Rupo, devrait, pour sa part, clairement s’identifier au programme socialiste fédéral et serait jugé en Flandre en fonction des résultats du SP-A. Le socialiste wallon et le nationaliste flamand tiendront, en outre, enfin, le même discours à la RTBF et à la VRT, où ils s’affronteront librement et, surtout, ils ambitionneront de convaincre des électeurs de leur adversaire direct.
Une telle révolution démocratique serait saine et salutaire pour l’ensemble de notre dynamique électorale et pour le débat d’idée en Belgique. Elle requiert également une mise en place urgente. En effet, pour la première fois depuis plus de 30 ans, nous avons un Premier Ministre francophone qui se doit d’aller défendre son action face aux médias et aux citoyens flamands. Il est donc tout à fait anormal qu’il ne puisse en récolter les fruits électoraux. Ensuite, la grave crise économique et financière que nous subissons actuellement nous impose d’avoir une vision fédérale commune afin de répondre aux épreuves considérables de ce début de 21e siècle. Se rejeter continuellement la faute entre Flamands et Francophones est un aveu de faiblesse politique qui n’est plus tenable ni acceptable. Puisse dès lors l’ensemble des partis démocratiques, en 2012, apporter à nos concitoyens cette réforme pour le prochain scrutin fédéral afin de taper du pied dans notre fourmilière institutionnelle, de revigorer notre débat public et d’arrêter la communautarisation des esprits, néfaste pour tous.